Changer de rythme : l’essor des mobilités douces dans l’Oise

10 juillet 2025

Comprendre les mobilités douces : de quoi parle-t-on exactement ?

On englobe sous l’expression « mobilités douces » tous les modes de déplacement à faible impact environnemental et à propulsion humaine ou électrique légère. Cela comprend principalement :

  • Le vélo (classique, électrique, en libre-service, cargo…)
  • La marche à pied
  • La trottinette (manuelle ou électrique)
  • Le roller
  • Le covoiturage de proximité
  • L’offre de transport public propre, tels que bus à faible émission ou navettes électriques

La priorité des collectivités est aujourd’hui de rendre ces alternatives pratiques, sûres, attractives et inclusives pour tous les profils d’usagers.

Vélos : une progression fulgurante et des réseaux cyclables en plein essor

Le vélo fait une percée spectaculaire dans les habitudes de déplacement, surtout dans les villes où les axes routiers sont saturés aux heures de pointe. À Compiègne, par exemple, la fréquentation cyclable a augmenté de plus de 48 % entre 2019 et 2023, selon les données du collectif Vél’Oise (Vél’Oise).

Des infrastructures qui se renforcent

  • Beauvais poursuit et accélère le déploiement de pistes cyclables sécurisées, en visant 58 kilomètres, contre 44 km en 2016 (source : Ville de Beauvais).
  • Senlis table sur l’aménagement de double-sens cyclables en centre-ville pour faciliter l’accès aux commerces et écoles ; la ville prévoit 6 nouveaux kilomètres en 2024.
  • Compiègne et son agglomération mettent en avant les « couronnes » cyclables, reliant les quartiers périphériques au centre, avec des stationnements sécurisés implantés sur la Place du Marché ou gare SNCF.

Plusieurs projets s’ancrent également dans une logique d’interconnexion régionale : la Scandibérique, piste paneuropéenne, traverse l’Oise sur 90 km et invite au voyage au quotidien !

L’offre des vélos en libre-service et les subventions

L’offre VélOise, lancée en 2022 à Beauvais, permet de louer un vélo à assistance électrique (VAE) pour quelques heures ou plusieurs mois. En parallèle, certaines communes – à l’image de Chantilly – proposent des aides à l’acquisition d’un vélo, jusqu’à 200 € pour les habitants (Ville de Chantilly).

A l’échelle du département, le Conseil départemental attribue des subventions pour les projets d’abri-vélos dans les lycées et collèges, contribuant à l’essor de la génération « vélo-taff ».

La marche, reine des centres-villes repensés

La marche à pied, souvent négligée, revient en force dans les politiques locales. Les centres-villes de Senlis, Clermont et Noyon, par exemple, misent sur la piétonnisation partielle ou ponctuelle des rues commerçantes.

  • La rue du Commerce, à Senlis, est réservée aux piétons le samedi depuis 2022, attirant familles et flâneurs.
  • À Beauvais, des « rues scolaires » ferment devant les écoles aux heures d’entrée et de sortie pour sécuriser les enfants et inviter à venir à pied (Ville de Beauvais).

De récents diagnostics d’accessibilité listent chaque endroit où un « pas roulant » est entravé : élargissement des trottoirs, enrobés anti-glisse adaptés aux poussettes ou fauteuils roulants et signalétique piétonne. Cette démarche s’accompagne de la création de parcours balisés (notamment à Meru et Creil) pour encourager la découverte du patrimoine à pied.

Transports publics : vers une mobilité plus propre et multimodale

Un autre pilier : la modernisation des réseaux de bus et trains. La Région Hauts-de-France a injecté plus de 13 millions d’euros entre 2020 et 2024 pour le renouvellement de la flotte de véhicules « propres » (source : Hauts-de-France).

Les villes de l’Oise prennent le relais :

  • Beauvais : la Communauté d’Agglomération (CAB) mise sur le réseau Corolis qui propose plusieurs lignes 100% électriques et du transport à la demande en soirée (plus de 40 000 km parcourus en bus électriques en 2023).
  • Creil : le réseau AXO vient d’ouvrir deux lignes express plus rapides, connectées à la gare pour faciliter les trajets domicile-gare-bureau.
  • Compiègne : expérimentation d’une navette autonome électrique « EasyMile » sur le campus universitaire depuis 2023 (soutien : ADEME).

La logique d’intermodalité est encouragée : on facilite la vie de ceux qui combinent vélo + train, bus + marche, ou partagent leur voiture via des parkings-relais aménagés.

Des initiatives innovantes et locales pour vivre la mobilité autrement

Si chaque commune adapte ses solutions, la créativité locale ne manque pas :

  • Les zones de « covoiturage spontané » voient le jour à proximité des écoles ou des zones d’activités, avec des plateformes comme Klaxit partenaires de la Région.
  • À Pont-Sainte-Maxence, un « pass mobilité douce » donne accès à un vélo, une place sur les navettes et un crédit de 8 trajets de covoiturage par mois.
  • Pierrefonds propose de son côté des ateliers participatifs de réparation et des cours de vélo-sécurité pour adultes (projet soutenu par la Fédération des Usagers de la Bicyclette – FUB).
  • Le monoprix de Beauvais a lancé en 2024 des remorques vélo gratuitement disponibles pour livrer les courses : initiative rare en France !

Les réseaux sociaux fédèrent aussi des communautés de « vélotafeurs » et « piétons heureux », qui échangent conseils et bons plans locaux, accélérant les changements d’habitudes.

Le rôle clé de la co-construction citoyenne et associative

Les avancées sont rarement le fruit des seules collectivités. Les associations et collectifs locaux – Vél’Oise, Alternatiba Oise, APF France Handicap – participent à la concertation sur l’usage de l’espace public, la sécurité ou la signalisation. Grâce à ces dynamiques, l’Oise a vu naître des Conseils des Usagers des Modes Actifs (CUMA) dans 6 communes pilotes (source : Vél’Oise).

Par ailleurs, les nombreux événements portés par ces collectifs, comme la Fête du Vélo (plus de 750 participants à Beauvais en 2023), démontrent l’attrait croissant pour une mobilité conviviale et non polluante.

Enjeux et défis pour demain : vers une mobilité inclusive et durable

Si la tendance est bien engagée, plusieurs défis sont à relever :

  • Assurer la continuité des aménagements d’une ville à l’autre, surtout en zones rurales.
  • Renforcer la sécurité des usagers « doux », notamment aux intersections et ronds-points.
  • Motiver l’utilisation des services alternatifs chez les publics peu « connectés » (seniors, habitants des quartiers éloignés).
  • Répondre à l’augmentation de la pratique cycliste et à l’évolution des usages (vélos cargos, trottinettes partagées, vélos adaptés aux personnes à mobilité réduite).

Mais la dynamique est bien enclenchée : plus de 17% des actifs déclarent utiliser régulièrement des modes doux pour les trajets domicile-travail dans l’Oise en 2023 (Insee, chiffres départementaux), contre 10% en 2018. L’objectif porté par les villes est d’atteindre les 25% d’ici à 2030, via la poursuite de la stratégie régionale « Oise à Vélo 2030 ».

D’autres façons de réinventer la mobilité dans l’Oise

L’élan donné aux mobilités douces dans les villes de l’Oise, loin d’être un épiphénomène ou une simple mode, bouscule nos routines quotidiennes et façonne de nouveaux usages urbains. Investir dans les pistes, encourager la créativité associative et soutenir les initiatives hybrides contribuent à dessiner des villes plus respirables et inclusives, à hauteur d’homme.

Pour découvrir toutes les options près de chez vous, les offices de tourisme locaux et les sites des intercommunalités (CAB pour Beauvais, Agglomération Creil Sud Oise, Agglomération de la Région de Compiègne) recensent régulièrement les nouveautés. N’hésitez pas à franchir le pas, le changement de rythme réserve souvent de très belles surprises à deux roues comme à pied !

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