À vélo dans l’Oise : initiatives locales pour pédaler librement et facilement

1 août 2025

Vélo et Oise : une tendance qui s’accélère

Le cyclisme urbain, longtemps réservé à certaines grandes métropoles, fait désormais partie du quotidien des habitants de l’Oise. Si l’on en croit les derniers chiffres de l’Observatoire du vélo en France (2023), le trafic cycliste a progressé de 7% au cours des deux dernières années dans les villes moyennes, dont Beauvais, Creil, Compiègne ou Nogent-sur-Oise. Portées par la nécessité de proposer des alternatives à la voiture et par l’engouement pour des modes de vie plus doux, les communes utilisent de plus en plus le vélo comme levier d’attractivité et d’écologie locale.

Des aménagements qui transforment l’espace public

Pistes cyclables et voies vertes en expansion

L’Oise n’a certes pas la densité cyclable de Strasbourg ou Bordeaux, mais avance à grands pas sur ce chemin-là :

  • Beauvais a doublé la longueur de ses pistes cyclables en dix ans, passant de 25 à plus de 52 km d’aménagements dédiés entre 2012 et 2023 (Source : Ville de Beauvais).
  • Compiègne a développé plus de 40 km de bandes cyclables et voies partagées, notamment pour connecter le centre-ville à ses quartiers périphériques et aux espaces naturels comme la forêt de Compiègne.
  • Creil, Nogent-sur-Oise et Montataire sont reliées depuis 2022 par une véritable « autoroute vélo » de 7 km, le long de l’Oise, permettant aux habitants de circuler en sécurité entre logement, travail et zones commerçantes (Source : Agglomération Creil Sud Oise).
  • Le département a également créé plus de 180 km de voies vertes, dont l’Avenue Verte London-Paris, un axe emblématique pour cyclotouristes et navetteurs entre Beauvais et Gournay-en-Bray (Source : Conseil Départemental de l’Oise).

Rendre le vélo possible presque partout

En complément de ces pistes, des zones de circulation apaisée à 30 km/h et des « double-sens cyclables » fleurissent dans les centres-villes (en particulier à Compiègne et Senlis), permettant la cohabitation sécurisée avec les automobilistes. Certaines communes, comme Chantilly et Creil, testent l’installation de cédez-le-passage cyclistes aux feux rouges, inspirés de l’exemple néerlandais pour fluidifier la traversée urbaine.

La sécurité avant tout : sécuriser et rassurer

Des parkings adaptés… et à toute épreuve

Pour beaucoup de cyclistes, bien se garer sans crainte est aussi important que la qualité du trajet. À ce sujet, les efforts sont visibles :

  • 700 arceaux de stationnement vélo installés par Beauvais dans les lieux stratégiques (gare, médiathèque, places commerçantes, écoles) depuis 2020 (Source : Ville de Beauvais).
  • Des « vélostations » sécurisées et surveillées proposent une solution aux abords des gares SNCF de Creil, Noyon et Compiègne, avec plus de 600 places disponibles au total (Source : SNCF et Agglomérations locales).
  • Dans le sud-ouest de l’Oise, le projet « Vél'Oise » a permis l’expérimentation de consignes automatisées et abris couverts, testés d’abord à Méru avant d’être déployés dans d’autres pôles du territoire.

Éclairage et signalisation : priorité visibilité

L’éclairage nocturne des pistes cyclables a été renforcé à Creil et Compiègne, réduisant le sentiment d’insécurité. Plusieurs villes, dont Senlis et Beauvais, investissent dans une signalétique engagée (panneaux, marquages au sol pédagogiques), pour aider chacun à trouver les bons itinéraires.

Services pratiques pour cyclistes : petit plus, grande différence

Location, réparation, et accompagnement

Se mettre en selle sans posséder son propre vélo ou en cas de pépin technique ? De plus en plus simple grâce à ces services :

  1. Vélos en libre-service : Depuis 2022, Beauvais propose un service de locations courte durée « Beau’Vélo » avec près de 250 vélos classiques et électriques répartis sur 23 stations (Source : Beauvaisis Mobilité).
  2. Location longue durée : Compiègne, Creil et Senlis encouragent aussi la location mensuelle ou à l’année, idéale pour tester le vélo au quotidien ou pour certains trajets saisonniers (étudiant·es, travailleurs·euses en télétravail partiel).
  3. Ateliers participatifs : Plusieurs associations, comme « Tous à Vélo » à Creil ou « Véloxygène » à Compiègne, organisent des ateliers de réparation ouverts à tous et sensibilisent à l’entretien, à la sécurité, et à l’antivol efficace.

Un soutien financier et logistique pour passer le cap

Des aides à l’achat de vélos électriques ou classiques existent dans la plupart des grandes villes et sont parfois cumulables avec les dispositifs nationaux (comme le bonus écologique). Beauvais, par exemple, propose jusqu’à 100 € pour un vélo neuf et 300 € pour un vélo électrique sous conditions de ressources (Source : Ville de Beauvais, 2023). Les entreprises et administrations, quant à elles, sont de plus en plus nombreuses à installer des douches et des espaces vélos, pour encourager la mobilité douce des collaborateurs.

Cap sur l’accessibilité et l’inclusion cyclable

Des projets pour tous les publics

L’accessibilité du vélo progresse aussi pour les plus jeunes et les personnes à mobilité réduite :

  • Vélo-écoles animées par des associations pour initier les enfants, former les seniors ou proposer de la remise en selle aux adultes débutants.
  • Promotion du vélo solidaire : Des collectivités comme Compiègne prêtent des vélos adaptés (tricycles, vélos cargos) à des familles ou personnes en situation de handicap pour des trajets quotidiens, scolaires ou loisirs.
  • Initiatives pour la sécurité des enfants : De plus en plus d’écoles de l’Oise participent au dispositif national « Savoir rouler à vélo », rendant obligatoires les formations pratiques avant l’entrée au collège.

L’avis des usagers et les défis du quotidien

Quels obstacles reste-t-il ?

Les associations de cyclistes locaux, comme Oise Mobilité Active ou l’antenne de la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette) à Creil et Beauvais, saluent les progrès, mais pointent encore des points noirs :

  • Des discontinuités cyclables, surtout aux abords des grandes zones commerciales ou au franchissement des grands axes routiers.
  • Une cohabitation parfois difficile dans certaines rues anciennes ou pentues.
  • Un besoin d’entretien régulier (herbe, feuilles mortes, nids de poule) pour garantir le confort et la sécurité des cyclistes au quotidien.

Selon le dernier baromètre des villes cyclables (FUB, édition 2022), près de 60% des personnes interrogées dans l’Oise estiment que « se déplacer à vélo en ville est plus agréable et moins risqué qu’il y a cinq ans », même si des efforts restent à faire, notamment lors des périodes de travaux ou sur la question du partage de l’espace avec les automobilistes.

Le pari de l’intermodalité

L’un des enjeux majeurs demeure la connexion vélo-transports en commun. Des avancées sont sensibles : les gares de Creil, Compiègne et Beauvais facilitent (enfin !) l’accès vélo-train, mais il reste parfois difficile d’embarquer son deux-roues dans certains TER en heure de pointe. Des études sont en cours pour renforcer l’offre, en lien avec la SNCF et la Région Hauts-de-France.

Vélo dans l’Oise : et maintenant ?

Les villes de l’Oise n’ont sans doute pas (encore) le label “ville cyclable” leader à l’échelle nationale, mais elles s’offrent des avancées concrètes et durables. Leur mission : faire du vélo un réflexe de tous les jours, ancré dans les habitudes des habitants – quel que soit l’âge, la saison ou la distance. La dynamique amorcée, encouragée par les retours des usagers et le soutien des collectivités, s’inscrit dans une perspective plus large : celle d’une mobilité plus humaine, résiliente, qui fait du bien à la planète, à la santé… et au moral. Les prochains défis restent à relever, mais la petite reine trace son chemin, à son rythme… comme dans toute balade à vélo qui se savoure.

Sources consultées : Ville de Beauvais, SNCF, Conseil Départemental de l’Oise, FUB, Beauvaisis Mobilité, Agglomération Creil Sud Oise, Baromètre Ville Cyclable (FUB), sites officiels des villes de l’Oise.

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