Changer de cap : Les associations de l’Oise, moteurs d’une mobilité plus verte

18 août 2025

Un territoire aux défis multiples : panorama de la mobilité dans l’Oise

L’Oise, avec ses 693 000 habitants répartis sur 693 communes (INSEE), conjugue des dynamiques urbaines à Creil, Compiègne ou Beauvais, et de vastes zones rurales souvent dépendantes de la voiture. Ici, 86 % des actifs utilisent leur véhicule personnel pour aller travailler (INSEE 2021), un chiffre supérieur à la moyenne nationale.

Cela n’empêche pas un véritable appétit pour des solutions alternatives, tant pour réduire l’empreinte carbone que pour améliorer la qualité de vie au quotidien. C’est sur ce terrain que les associations locales déploient leur énergie créative.

Vélos : les associations rendent la petite reine plus visible, plus accessible

Depuis quelques années, le vélo retrouve des couleurs dans l’Oise. Derrière l’affiche des pistes cyclables et des vélo-routes, plusieurs associations œuvrent à “mettre en selle” petits et grands, à démystifier l’usage du vélo au quotidien, et à sensibiliser sur ses bénéfices environnementaux.

  • Oise Mobilité Verte (Beauvais, Clermont) anime des ateliers participatifs de réparation, des bourses aux vélos et des balades guidées pour découvrir le territoire autrement. En 2023, l’association a accompagné la vente de plus de 250 vélos de seconde main, selon Le Parisien.
  • AU5V (Association des Usagers du Vélo, des Voies Vertes et Véloroutes des Vallées de l’Oise), basée à Compiègne, milite pour plus d’aménagements cyclables et accompagne les collectivités dans leurs projets. Elle relaie aussi la campagne nationale “Mai à Vélo”, qui a réuni plus de 400 participants localement en 2024.
  • Initiative moins connue mais prometteuse : la journée “Vélo-école” organisée régulièrement près de Creil, pour apprendre à rouler en sécurité, vise notamment les femmes et les nouveaux arrivants.

Ces initiatives, au-delà de la promotion du vélo, permettent aussi de sensibiliser à l’entretien et au recyclage, de remettre en selle ceux qui s’en sentaient exclus, parfois depuis des années.

Covoiturage : le pari solidaire contre le “tout-voiture” individuel

Dans un département où 63 % des habitants vivent dans une commune de moins de 2 000 habitants (INSEE), le défi du « dernier kilomètre » reste entier. Covoiturage et auto-partage s’affirment alors comme des clés pour desserrer l’étau de la voiture individuelle.

  • Covoiturage Oise : Démarrée autour de Senlis et Crépy-en-Valois, cette association gère une plateforme locale de mise en relation (en complément des plateformes nationales comme BlaBlaCar). Elle a permis de réduire d’environ 100 tonnes l’empreinte CO₂ annuelle sur ses trajets réguliers (Covoiturage Oise Nord).
  • Les “ruches mobilité” : Ces points de rencontre instigués par l’association Mobil’Idées permettent aux usagers de partager des trajets domicile-travail de façon flexible. Ils installent des panneaux sur les axes majeurs pour favoriser l’auto-stop encadré et sécurisé.
  • Plusieurs associations s’associent à l’application régionale “Klaxit”, testée sur la communauté d’agglomération de Beauvais où l’on compte 15 % d’usagers en plus qu’en 2020 (Le Bon Coin Oise, 2023).

L’accès au covoiturage reste cependant encore limité hors des heures de pointe ou en dehors des axes majeurs, ce qui nourrit un dialogue entre associations et pouvoirs publics en vue de nouvelles expérimentations.

Transports publics, inclusion et solidarité : des actions pour ne laisser personne de côté

Dans beaucoup de villages, l’absence de train ou de bus régulier complique la vie quotidienne. Les associations jouent alors un rôle crucial pour imaginer des solutions inclusives.

  • Mobil’Idées 60 a mis en place des minibus à la demande, notamment pour les personnes âgées ou les personnes à mobilité réduite, en partenariat avec les CCAS locaux.
  • Dans le Clermontais, une “navette solidaire” est coordonnée par l’association Les Voisins d’Abord, grâce à la mise à disposition de véhicules mutualisés et de chauffeurs bénévoles pour aller faire des courses, rendre visite à un proche ou se rendre à un entretien d’embauche.
  • Les ateliers “Mobilité & emploi” de la Maison du Département à Compiègne accompagnent les personnes sans permis ou sans véhicule dans la recherche de solutions adaptées, parfois en mobilisant le tissu associatif local pour du prêt de vélos électriques ou de scooters.

L’inclusion reste ainsi le fil rouge : l'écologie doit aller de pair avec la justice sociale, condition essentielle pour une transition durable, comme en témoignent les multiples initiatives répertoriées par la Fédération des associations de mobilité solidaire (RAMDU60).

Le plaidoyer associatif : sensibiliser, former, faire remonter la voix des habitants

Bien souvent, ces associations ne se contentent pas de “faire” : elles interpellent, sensibilisent et conseillent aussi les collectivités. Elles sont à l’initiative de :

  • Enquêtes terrain sur les besoins de déplacement des habitants, transmises à la Région et au Département.
  • Organisation de conférences, ateliers, projections-débat lors de la Semaine de la Mobilité.
  • Éducation à la mobilité durable dans les collèges et lycées, souvent sous forme d’ateliers pratiques de réparation ou d’apprentissage de la sécurité routière à vélo.

Cette dimension de plaidoyer, parfois invisible mais déterminante, pèse dans l’évolution des politiques locales : par exemple, la Voie Verte reliant Beauvais à Bresles doit beaucoup à la mobilisation associative initiale (source : Beauvaisis.fr).

Diversité, imagination et ancrage local : la richesse du tissu associatif

On trouve dans l’Oise une soixantaine d’associations impliquées dans la “mobilité durable” (mobilites-durables.fr), parfois modestes, parfois fédérées à l’échelle régionale. Leur force : l’enracinement, la connaissance précise des réalités du terrain, la capacité à innover, à créer du lien et à fédérer de nouveaux bénévoles.

  • Anecdote : en 2022, lors d’une opération “Tous à vélo au marché !” à Nogent-sur-Oise, plus de 50 % des cyclistes étaient des “nouveaux convertis”, dont beaucoup d’étudiants ou de retraités, selon l’enquête AU5V.
  • Presque chaque village a son association ou son collectif relais pour relayer des actions de covoiturage ou d’auto-stop organisé.
  • Le “Club mobilité” existe à Méru comme à Saint-Just-en-Chaussée, où la mobilisation associative permet d’obtenir des financements pour des parkings-relais ou des espaces vélo sécurisés.

Leur créativité se voit aussi dans la capacité à s’adapter : certains ateliers vélo deviennent des tiers-lieux mobiles pour aller dans les communes les plus isolées.

Ressources locales et pratiques pour s’engager ou bénéficier de ces initiatives

  • Trouver une association : Le site de la Maison des Associations de l’Oise recense les structures actives par territoire et domaine.
  • Participer à un atelier vélo : Renseignez-vous auprès d’AU5V (au5v.fr) ou d’Oise Mobilité Verte.
  • Covoiturage local : Voir la plateforme Covoiturage Oise Nord ou le relais info auprès des mairies et communautés de communes.
  • Accès solidaire à la mobilité : La Fédération RAMDU60 peut aiguiller vers la bonne structure selon les besoins.

Les réseaux sociaux, notamment les pages Facebook des associations locales, sont également de précieux relais d’informations sur les projets en cours, les événements, ou les aides mobilisables.

Vers une mobilité plus verte et solidaire : l’Oise en mouvement

Les associations de l’Oise, riches de leurs bénévoles et de leur ancrage, esquissent au quotidien les contours d’une mobilité à la fois plus responsable, plus conviviale et inclusive. Le chemin est encore long, mais la dynamique locale est réelle et porteuse d’espoir, à la rencontre de toutes celles et ceux qui souhaitent changer leurs habitudes. Rester curieux, s’informer et oser la rencontre avec ces acteurs locaux, c’est la meilleure manière de contribuer, à sa mesure, à une transformation déjà bien engagée.

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