La mobilité dans l’Oise : quelles nouveautés pour se déplacer autrement au quotidien ?

26 juillet 2025

Des projets de transport collectif qui bougent dans l’Oise

L’Oise est souvent considérée comme un territoire carrefour : proche de Paris, traversée par d’importants axes (A1, A16, N31…) et maillée d’une vingtaine de gares TER et RER. Pourtant, la mobilité du quotidien s’appuie sur bien d’autres solutions, et de nouveaux projets accélèrent la transformation.

  • Renouvellement du réseau SNCF TER : La Région Hauts-de-France a investi plus de 590 millions d’euros depuis 2018 pour moderniser les trains, ouvrir de nouvelles dessertes et renforcer la ponctualité (source : Région Hauts-de-France). Cela concerne directement les lignes Paris-Beauvais, Paris-Compiègne et Paris-Creil, empruntées quotidiennement par des milliers d’habitants.
  • Lignes de bus évolutives : Plusieurs réseaux interurbains, comme le réseau Oise Mobilité, réorganisent leurs lignes : mieux desservir les nouveaux quartiers, relier les zones d’emploi ou les pôles de santé, ajuster les horaires à la fréquentation… Depuis 2022, les lignes Express Régionales (LER) expérimentent des trajets directs sur des axes comme Compiègne-Senlis ou Beauvais-Clermont.
  • Transports à la demande (TAD) : Pour pallier le manque de solutions dans certaines zones rurales, le TAD s’étend : sur simple réservation, un minibus (ou taxi subventionné) passe à l’horaire souhaité. Près de 45 communes de l’Oise bénéficient aujourd’hui de ce système, qui complète le réseau classique (source : Oise Mobilité).

Des villes plus accueillantes pour le vélo

La petite reine retrouve des couleurs dans l’Oise. Outre les inconditionnels de la forêt de Compiègne ou du chemin de halage le long de l’Oise, la pratique urbaine se développe à force d’aménagements et d’engagements.

  • Pistes cyclables et zones 30 : En 2023, Beauvais et Creil ont achevé plus de 10 km d’itinéraires cyclables chacun, avec la logique des “voies partagées” et la sécurisation des abords des collèges (source : collectivités locales).
  • Stationnements sécurisés : À Compiègne, la gare propose un abri vélo high-tech de 250 places, accessible avec sa carte Oise Mobilité. Des box sont progressivement installés dans de nombreuses communes, parfois subventionnés jusqu’à 70 % par la Région (source : SNCF & Oise Mobilité).
  • Service de location longue durée : Senlis expérimente depuis 2022 le “vélo en location 3 mois ”, pour découvrir le vélo électrique sans investir. Cette solution attire aussi lycéens et seniors, notamment grâce à une grille tarifaire sociale.

Covoiturage : la solidarité prend la route dans le rural

Si la voiture reste dominante hors agglomération, l’habitude de partager son trajet gagne du terrain, surtout là où les transports publics sont rares.

  • Aires de covoiturage : Le département a aménagé environ 40 aires dédiées, proches de l’A1, de la D1016 et desservant des nœuds ruraux comme Bresles, Estrées-Saint-Denis, ou Clermont. Ici, on stationne puis on part à plusieurs en direction des zones d’emploi (source : Conseil départemental de l’Oise).
  • Plateformes locales en ligne : Le service “PassPass Covoiturage” (région Hauts-de-France) propose de mettre en relation gratuitement conducteurs et passagers du même secteur. Sur certains axes (par exemple Saint-Just-en-Chaussée <–> Beauvais), des bonus de quelques euros sont offerts aux conducteurs pour chaque trajet partagé.
  • Covoiturage solidaire : Plusieurs associations comme “Covoit’Oise Solidaire” connectent les personnes isolées (seniors, jeunes en insertion, demandeurs d’emploi) avec des volontaires du secteur, spécialement pour les courses, rendez-vous médicaux ou démarches administratives.

Mobilité et aides : qui peut en bénéficier dans l’Oise ?

La mobilité peut coûter cher, surtout quand on doit se déplacer loin de chez soi pour le travail ou l’insertion. Les collectivités, la Région et l’État proposent donc plusieurs aides.

  • Chèque mobilité région Hauts-de-France : Ce dispositif soutient les usagers en difficulté, notamment les jeunes, avec une aide jusqu’à 150 € par an pour financer les abonnements de transport, la location de vélo ou des réparations de voiture (source : Région Hauts-de-France).
  • Tarifs réduits pour demandeurs d’emploi : Avec la carte Pass Oise Mobilité (sur conditions), les chômeurs et bénéficiaires du RSA obtiennent des tarifs fortement réduits sur les réseaux de bus et trains.
  • Prêt ou location de véhicules : Plusieurs associations, comme “Mobilité Oise”, permettent à des personnes en insertion ou en situation de précarité d’emprunter un scooter ou une voiture à tarif modique, le temps de trouver un emploi stable.

Focus sur les seniors : la mobilité adaptée en priorité

Les habitants les plus âgés sont parmi les plus exposés à l’isolement quand la mobilité devient difficile. L’Oise adapte ses solutions à cette réalité démographique croissante.

  • Transport à la demande porte-à-porte : L’association “Partageons la route” sur le secteur de Noyon ou “Clic mobilité” à Clermont organisent des navettes adaptées, parfois médicalisées, pour conduire les seniors à leurs rendez-vous, chez les commerçants ou au marché.
  • Cartes de réduction senior : Les personnes de plus de 60 ans peuvent bénéficier de 50 % de réduction sur une partie des transports interurbains Oise Mobilité.
  • Accompagnement social : Certains CCAS financent des taxis solidaires, avec accompagnement, surtout dans les villages sans commerce de proximité.

Les gares de l’Oise : des hubs de vie et d’innovation

Symboles du quotidien des habitants, les gares du territoire vivent une profonde mutation.

  • Digitalisation : De Beauvais à Creil, la plupart des gares sont désormais équipées d’écrans d’information en temps réel, de distributeurs automatiques et de réservation de billets sur smartphone.
  • Sécurité et accueil : Un vaste programme de rénovation a permis d’améliorer la luminosité, d’ajouter de la vidéosurveillance et de renforcer la présence humaine aux heures clés, ce qui contribue à la sérénité des usagers (source : SNCF Gares & Connexions).
  • Intermodalité : Avec leurs parkings à vélos sécurisés, leurs zones de covoiturage et leurs parkings mutualisés, les gares de l’Oise servent aussi de point-relais pour relier plusieurs moyens de transport facilement.

Lignes de bus : pourquoi certains trajets changent-ils ?

Il n’est pas rare de voir certaines lignes ou horaires évoluer d’une année à l’autre dans l’Oise. Derrière ces changements se cachent plusieurs motifs :

  • Adaptation à la demande : Lorsque la fréquentation diminue sur certains arrêts, ou lors de l’ouverture de nouveaux bassins d’emploi (par exemple à Nogent-sur-Oise), les trajets sont redessinés pour mieux correspondre à la réalité des déplacements.
  • Impacts scolaires : Les dessertes scolaires, vitales dans un département jeune, dictent souvent les changements : chaque rentrée scolaire, les circuits sont revus pour optimiser la sécurité et couvrir les nouveaux établissements ou quartiers.
  • Question budgétaire : Les collectivités ajustent l’offre pour limiter les “voyages à vide” (bus roulant presque à vide), et redéploient les moyens sur les axes à fort potentiel, ou sur de nouvelles mobilités hybrides.

Le quotidien des habitants : travail, famille, loisirs… quel mix de solutions ?

Pour les déplacements du quotidien (travail, école, loisirs), les Oisiens combinent de plus en plus moyens de transport :

  • Le “multimodal” : De nombreux actifs combinent train et vélo, ou voiture et train (parkings-relais à la gare de Liancourt, Pont-Sainte-Maxence, etc.). Selon le Conseil départemental de l’Oise, 70 % des trajets domicile-travail restent faits en voiture, mais la part du multimodal gagne chaque année (+5 % depuis 2018).
  • Covoiturage domicile-travail : Les plateformes indiquent une forte hausse le lundi et vendredi, jours où de nombreux salariés en télétravail se déplacent (source : PassPass covoiturage).
  • Utilisation raisonnée de la voiture : Les familles et jeunes adultes privilégient la “voiture partagée” : on laisse sa voiture dans une aire de stationnement et l’on poursuit à pied ou en trottinette dans le centre-ville, ou on loue une voiture à l’heure/via Drivy, OuiCar, etc.

Petites villes, villages : la mobilité durable a-t-elle un impact observable ?

L’essor de mobilités durables (vélo, transports partagés, rabattement sur le train) transforme peu à peu les bourgs et communes rurales, bien que la voiture individuelle demeure hégémonique.

  • Arrivée des bornes électriques : En 2023, près de 150 bornes de recharge publiques sont installées dans l’Oise, jusqu’au cœur de villages comme Tracy-le-Mont ou Saint-Martin-le-Noeud (source : Enedis & syndicats énergie).
  • Services “Ecomobilité scolaire” : 12 écoles rurales proposent des pédibus (trajet à pied accompagné) ou vélobus, remarquables à Laigneville ou Estrées-Saint-Denis.
  • Dynamisme de l’économie locale : Le développement du vélo a relancé l’offre de réparation (ateliers associatifs comme “Les Vélos du Coin” à Beauvais ou à Creil), et de location pour la saison touristique.

Associations et citoyens : alliés de la transition écologique dans l’Oise

Dans l’Oise, la mobilité durable est aussi une aventure collective, initiée par une multitude d’associations de terrain.

  • Animation et sensibilisation : “Vél’Oise”, “Les Recup’s” ou “Collectif Vélo Oise” organisent des ateliers, des journées sans voiture, ou conseillent les familles pour s’équiper en mobilités douces.
  • Appui administratif : Ces structures aident à constituer un dossier d’aide financière à l’achat d’un vélo, auprès de l’Agence nationale des mobilités ou via les subventions régionales (jusqu’à 400 € pour un vélo électrique).
  • Couvrance de nouveaux besoins : Depuis la crise sanitaire, des voisins s’organisent en “groupes Whatsapp” ou collectifs de quartier pour mutualiser les courses, lancer des trajets groupés, ou accompagner les plus fragiles.

Perspectives : la mobilité, laboratoire d’innovation locale

Des navettes électriques au vélo partagé, en passant par la digitalisation des gares ou le covoiturage solidaire, la mobilité dans l’Oise évolue à grande vitesse. Ces initiatives sont le fruit de concertations, d’investissements constants et de l’engagement fort de ses habitants et associations. C’est tout un écosystème qui participe, au quotidien, à rendre le territoire plus accessible, plus écologique et plus solidaire. S’informer, tester de nouveaux trajets ou s’engager dans cette dynamique, c’est aussi contribuer à façonner une Oise en mouvement, fidèle à ses racines mais déjà résolument tournée vers l’avenir.

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