Oser devenir Territoire à énergie positive dans l’Oise : mode d’emploi et inspirations locales

30 août 2025

Pourquoi viser le label "Territoire à énergie positive" ?

Un territoire à énergie positive (ou TEPOS) est une collectivité (ville, village, intercommunalité) qui produit plus d’énergie renouvelable qu’elle n’en consomme, et ce grâce à une mobilisation massive pour la sobriété, l’efficacité et le recours aux énergies propres. L’objectif : réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, impulser une dynamique locale, et offrir aux habitants un cadre de vie plus sain et résilient. Mais au-delà de l’image éco-responsable, les bénéfices sont multiples :

  • Economies durables : Diminution de la facture énergétique de la mairie, des écoles, des foyers et entreprises locales.
  • Cadre de vie amélioré : Moins de pollution, une biodiversité préservée, de nouveaux espaces de vie repensés.
  • Dynamique économique : Développement de filières locales (bâtiment, agriculture, emploi vert), revitalisation du tissu industriel.
  • Fierté collective : Mobiliser habitants, associations, entreprises autour d’un objectif commun et stimulant.
Selon l’ADEME, plus de 200 collectivités françaises sont engagées dans une démarche TEPOS à divers stades (source ADEME). Mais dans l’Oise, malgré un potentiel encore sous-exploité, quelques pionniers ouvrent la voie : citons Breuil-le-Vert et son réseau de chaleur bois local, ou la ville de Compiègne qui a misé très tôt sur la rénovation énergétique.

Premiers pas : réaliser un diagnostic énergétique local

Chaque aventure commence par un état des lieux. Avant toute chose, il faut mesurer les consommations et ressources du territoire :

  • Quelles sont les principales dépenses d’énergie ? Chauffage des bâtiments publics, éclairage urbain, écoles, piscines, déplacements, zones d’activités…
  • Quel est le potentiel solaire, éolien, bois, biomasse, géothermique ?
  • Quelle place pour les économies d’énergie ? Où gaspille-t-on ? Quels bâtiments sont les plus énergivores ?
Des outils tels que le PCAET (Plan Climat Air Energie Territorial) ou le Bilan Carbone® (outil de l’ADEME) guident cette première phase. Les données sont souvent croisées avec l’Atlas de l’énergie de l’Oise, édité par le Département, ou avec les études d’ENEDIS et GRDF pour les consommations électriques et gaz.

Comment passer à l’action ? Les leviers incontournables pour une commune de l’Oise

Un scénario "énergie positive" s’articule généralement autour de trois axes :

  • Réduire les besoins : rénovation thermique des bâtiments publics et privés (isolation, menuiseries, ventilation performante, équipements récents), lutte contre la précarité énergétique, sensibilisation des habitants.
  • Améliorer l’efficacité énergétique : modernisation de l’éclairage public (LED, détecteurs de présence), régulation automatique du chauffage, pilotage intelligent des équipements, mutualisation des usages.
  • Produire localement de l’énergie renouvelable :
    • Solaire : installation de panneaux sur les toits de l’école, de la mairie, d’un gymnase etc.
    • Bois-énergie : chaufferie à granulés utilisant des forêts communales ou résidus de scieries locales (l’Oise possède 24% de sa surface en forêt selon l’IGN !).
    • Éolien citoyen : projets portés par des collectifs, comme l’initiative "Énergie Citoyenne en Thiérache", toute proche.
    • Biométhane : valorisation des déchets verts ou agricoles (deux méthaniseurs injectent déjà dans le réseau dans l’Oise).

À Noyon, la rénovation énergétique des bâtiments communaux a permis d’économiser plus de 40% d’énergie sur six ans (source : Ville de Noyon, 2022). À Nogent-sur-Oise, plus de 500 000 € ont été investis en 2021 pour passer la majorité des lampadaires en LED, avec à la clé une économie d’au moins 65% sur la consommation électrique de l’éclairage public.

L’engagement citoyen, la clé de la réussite

Les projets de territoire à énergie positive qui marchent sont ceux qui associent les habitants :

  • Réunions publiques, ateliers, balades thermographiques pour éduquer et mobiliser autour de la rénovation et des économies d’énergie.
  • Enquêtes participatives pour recenser les besoins et les idées, proposer des budgets participatifs dédiés aux projets environnementaux.
  • Soutien à l’auto-rénovation ou à des groupements d’achats pour panneaux solaires, poêles à bois, vélo, etc.
  • Chantiers citoyens : plantation de haies, mise en place de composteurs collectifs, vélo-école, concours d’idées pour réaménager un espace public de manière écoresponsable.
À Ressons-sur-Matz, ce sont les lycéens qui ont réalisé la première cartographie des consommations de leur commune, aidant à prioriser les actions. À Clermont, le projet "J’éco-rénove mon immeuble" offre un accompagnement personnalisé aux copropriétés volontaires.

Repères chiffrés : où en est l’Oise et quels objectifs pour demain ?

Voici quelques chiffres pour saisir le potentiel et le chemin restant à parcourir :

  • Selon l’ADEME, la consommation d’énergie finale dans l’Oise en 2020 se répartissait à 33% pour le transport, 31% pour le résidentiel, 19% pour le tertiaire, 16% pour l’industrie, et moins de 1% pour l’agriculture.
  • Moins de 4% de l’énergie consommée dans l’Oise était produite localement par des filières renouvelables en 2021 (Agence Oise-Énergies).
  • Le "Scot" du Pays Compiégnois vise, à l’horizon 2030, une division par deux des émissions de CO2 et un triplement de la production d’électricité renouvelable, principalement via le solaire et la biomasse.
  • Un logement rénové en basse consommation (BBC rénovation) permet une réduction de 60 à 75% des besoins de chauffage.
  • Une chaufferie bois de taille communale (ex : Breuil-le-Vert, 950 kW) alimente une centaine de logements, et économise chaque année plus de 200 tonnes de CO2 (source Communauté de communes Clermontois).
De nouvelles démarches sont également encouragées par l’État, via les "Contrats de Transition Écologique", ou encore le programme ACTEE pour la rénovation des bâtiments publics (plus de 1,7 million d’euros investis dans l’Oise depuis 2019).

Retours d’expérience : inspirations et écueils à éviter

Outre des réussites locales, il faut s’inspirer des autres régions :

  • Monsieur Serge, maire d’une petite commune du Sud-Oise, a lancé une centrale photovoltaïque participative : 70 citoyens sont devenus copropriétaires des panneaux, garantissant l’acceptation sociale et de nouveaux revenus pour la commune.
  • Attention à l’acceptabilité sur l’éolien : dans le Vexin, la concertation a permis d’éviter des tensions et de redessiner les projets pour qu’ils s’inscrivent dans le paysage, tout en faisant bénéficier les riverains des revenus.
  • L’intégration de l’agriculture biologique : des communes comme Saint-Just-en-Chaussée intègrent l’agriculture durable et la filière bois pour une boucle locale vertueuse (chauffage, restauration collective bio et locale, circuit court d’approvisionnement énergétique et alimentaire).
À chaque étape, la question du financement est centrale : souvent, il s’agit de mobiliser subventions (Région Hauts-de-France, ADEME, Certificats d’Économie d’Énergie, fonds européen LEADER), et l’ingénierie locale (dans l’Oise, le dispositif Éco’Cité de la région accompagne les projets à fort impact).

Et demain : quels défis pour accélérer le passage en "énergie positive" ?

La course à l’énergie positive est stimulante mais semée de défis bien réels :

  1. Mobiliser à grande échelle. L’adhésion citoyenne reste trop souvent le maillon faible malgré les progrès. Communiquer sur les réussites, impliquer dès le départ et offrir des outils d’information reste capital.
  2. S’adapter au patrimoine local. L’Oise est riche de centres-historiques, de bâtisses classées. Toute rénovation ou intégration d’énergies renouvelables doit composer avec le respect du patrimoine.
  3. Anticiper les vagues de chaleur et la biodiversité. Végétalisation, récupération des eaux pluviales, corridors écologiques sont à renforcer.
  4. Renforcer les synergies intercommunales. Beaucoup de projets dépassent l’échelle d’une seule commune : mutualiser les moyens, partager les réussites, créer des plateformes d’entraide – c’est clé pour aller plus loin.
  5. Soutenir le passage à l’action des ménages modestes. Sans aide technique, financière ou administrative, la rénovation énergétique peut rester hors de portée.
De plus en plus de collectivités et d’associations dans l’Oise s’associent à des partenaires publics ou privés pour accélérer ces dynamiques.

Vers une nouvelle identité territoriale : l’Oise et l’énergie nouvelle

Devenir territoire à énergie positive, c’est aussi écrire une nouvelle page collective : accompagner écoles, commerçants, agriculteurs, entreprises dans cette aventure et placer la transition énergétique au cœur de l’identité locale. L’Oise, terre d’initiatives et de patrimoine vivant, peut ainsi se hisser parmi les territoires moteurs de la transition environnementale. Pour aller plus loin :

Le temps est venu de passer à l’action et de faire entrer chaque ville, chaque village de l’Oise dans l’ère de l’énergie positive, pour une vie locale toujours plus harmonieuse, agréable et durable.

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