Oise : Les initiatives citoyennes qui font bouger le territoire

2 juin 2025

La dynamique des jardins partagés : redonner vie à la terre, ensemble

Les jardins partagés s’épanouissent dans l’Oise, à l’image du jardin “Les Incroyables Comestibles” à Compiègne ou du “Jardin du Pommier” à Creil. Ils sont bien plus qu’un simple lopin de terre. Ici, chacun peut cultiver fruits, légumes, fleurs ou herbes aromatiques, mais surtout, cultiver des liens avec ses voisins.

  • Fonctionnement : Un terrain, souvent mis à disposition par la commune ou une association, est divisé en parcelles ou géré collectivement. Les habitants s’inscrivent, partagent outils, graines, récolte et savoir-faire.
  • Objectifs : Favoriser le “mieux vivre”, l’alimentation locale, la biodiversité urbaine et l’éducation à l’environnement.

Le réseau régional Urbaine Culture témoigne de plus de 15 jardins partagés actifs dans l’Oise rien qu’en 2023. En 10 ans, la superficie des surfaces dédiées a doublé selon France Nature Environnement.

La monnaie locale : tisser un réseau économique solidaire

On associe souvent les monnaies locales à la région nantaise ou au Sud-Ouest, mais l’Oise voit aussi naître des expériences, à l’image de la “Beauce” dans le Sud du département. Créer une monnaie locale citoyenne, c’est d’abord initier un collectif – citoyens, commerçants, entreprises, élus – qui s’organise en association.

  1. Rédiger les statuts, contacter la Banque de France pour le cadre légal (il faut être en association loi 1901).
  2. Créer et imprimer la monnaie, installer des comptoirs d’échange.
  3. Établir un réseau de professionnels partenaires acceptant la monnaie (commerce, AMAP, services…)

C’est un outil pour favoriser les circuits courts, doper l’économie locale et renforcer le lien citoyen. La région Hauts-de-France a même accompagné des projets pilotes entre 2019 et 2022 (Sésame). Aujourd’hui, près de 80 monnaies locales complémentaires circulent en France, représentant plus de 10 millions d’euros de flux en 2022 (source : Mouvement SOL).

Les bibliothèques de rue : semer des livres à tous les coins

En promenant à Senlis ou Nogent-sur-Oise, peut-être avez-vous déjà croisé de petites cabanes colorées abritant des livres. Le mouvement des “boîtes à livres” se déploie depuis plusieurs années dans l’Oise, et il suffit souvent d’un coup de mail à la mairie, d’un collectif bien motivé (parents d’élèves, jeunes, bénévoles) et de quelques matériaux récupérés pour en installer une.

  • On dépose, on emprunte, on lit, on remet. L’accès est libre et gratuit, chacun peut enrichir la bibliothèque.
  • Des écoles, quartiers, entreprises abritent leurs propres “mini-bibliothèques”.
  • Objectif : encourager la lecture, l’échange, l’inclusion (plus de 100 boîtes à livres recensées en Oise, d’après L’Observateur de Beauvais).

Amener le “repair café” dans son quartier : réparer, apprendre, rencontrer

Réparer plutôt que jeter – voilà l’idée centrale des repair cafés, qui ont le vent en poupe à Creil, Clermont ou Méru. Le modèle ? Un rendez-vous ouvert à tous, où bénévoles bricoleurs aident à réparer petits électroménagers, vêtements, vélos… Un double impact environnemental et social.

  • Étapes clés :
    • Monter une équipe de bénévoles compétents et motivés.
    • Solliciter un local (centre social, mairie, association, parfois une salle municipale une fois par mois).
    • Communiquer (affiches, bouche-à-oreille, réseaux sociaux).
    • Rendre l’accueil convivial et pédagogique.

Selon Repair Café France, on compte aujourd’hui huit repair cafés actifs rien que dans l’Oise, avec une trentaine d’objets sauvés en moyenne à chaque session.

Troquer des services entre voisins : la solidarité au quotidien

Le “troc de services” se modernise dans l’Oise grâce à des plateformes comme AlloVoisins et, surtout, via les initiatives de quartiers ou de petites communes. Échanger du temps pour du jardinage, de la garde d’animaux, une aide administrative ou du soutien scolaire, sans échange monétaire.

  • Des groupes Facebook locaux “Je troque dans l’Oise”, “Petits services entre voisins Senlis”, ou via des plateformes dédiées (voir AlloVoisins).
  • Les SEL (Systèmes d’Échange Local) connaissent un renouveau depuis la crise sanitaire. L’Oise chiffre une vingtaine de groupes actifs (source : SEL-idf.org).
  • Au-delà de l’économie, cela permet de tisser des liens de confiance pérennes, lutter contre l’isolement et répondre à des besoins quotidiens de façon flexible et résiliente.

L’essor des AMAP : manger local, tisser du lien

Les AMAP – Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne – poussent un peu partout dans l’Oise : à Mouy, Nogent sur Oise, Verneuil-en-Halatte… Leur principe ? Mettre directement en relation producteurs locaux et consommateurs autour de paniers hebdomadaires (ou bimensuels). Chacun s’engage pour une saison, permettant au producteur de planifier sa production. Aujourd’hui, 17 AMAP sont recensées dans l’Oise par Le Réseau des AMAP Hauts-de-France.

  • Créer une AMAP, c’est d’abord rassembler un groupe de citoyens prêts à s’engager (10 à 20 personnes suffisent au départ).
  • Entrer en contact avec un ou plusieurs agriculteurs locaux ouvert à la démarche.
  • Signer une charte éthique (respect de l’environnement, prix justes, agriculture paysanne).

Ce système sécurise les revenus des producteurs, permet aux habitants d’avoir accès à des produits frais, de saison et locaux, tout en favorisant l’organisation du territoire autour de circuits courts. Les AMAP de l’Oise distribuent à près de 900 familles sur le département (source : affaire à suivre auprès du réseau régional).

Expérience de collecte citoyenne : agir ensemble pour le bien commun

Qu’il s’agisse de collectes de déchets dans les forêts de Chantilly (avec le collectif “Forêt Propre”), ou de dons alimentaires via les Banques Alimentaires locales, les habitants de l’Oise ne manquent pas d’initiatives. La clé d’une collecte citoyenne réussie : la logistique et l’élan collectif.

  1. Identifier une cause (déchets, fournitures scolaires, aliments, vêtements…)
  2. Mobiliser des partenaires et bénévoles (commerces, écoles, associations…)
  3. Organiser la communication : affichage, relais sur les réseaux sociaux, presse locale.
  4. Assurer la transparence sur la destination des dons (souvent un point de tension levé sur la page Facebook du collectif Forêt Propre).

En 2022, plus de 110 tonnes de déchets ont été collectées lors des opérations citoyennes en forêt d’Halatte et de Chantilly (sources : Parc naturel régional Oise).

Favoriser la démocratie participative : assemblées citoyennes communales

Dans plusieurs communes de l’Oise – à l’image de Clermont, Beauvais ou Saint-Leu-d’Esserent – les assemblées citoyennes ou “conseils participatifs” voient le jour depuis 2021. Le principe est simple : donner la parole et la capacité d’initiative aux habitants sur des projets structurants (espaces verts, aménagement urbain, animation culturelle, etc.)

  • Composées de citoyens tirés au sort ou volontaires (25 à 60 membres selon les villes), elles instruisent des projets soumis par la population ou conçus en interne.
  • Leur rôle : émettre des avis, élaborer des propositions, co-construire les solutions avec les élus.

Par exemple, en 2023, l’assemblée citoyenne de Beauvais a permis de proposer le réaménagement des places publiques, ou encore d’initier des actions autour de la sécurité routière. Ces espaces invitent à retrouver une citoyenneté active, à l’écart des clivages politiques habituels (source : Le Bonhomme Picard).

Pour une Oise plus propre : les petites actions du quotidien

Si la propreté urbaine reste souvent la responsabilité des services municipaux, de plus en plus de citoyens prennent les devants. Ramassage de mégots lors des marchés, organisation de “clean walks” dans les quartiers, sensibilisation à la gestion des déchets dans les écoles : chaque geste compte.

  • Un exemple : l’association “Oise Verte” propose des kits pour nettoyer devant chez soi et dans son quartier, prêtés gratuitement en mairie. En 2023, plus de 800 habitants du Clermontois ont ainsi participé à au moins une action de propreté collective (source : mairie de Clermont).
  • Les réseaux sociaux amplifient les initiatives : chaque collecte devient un événement fédérateur.
  • Des composteurs collectifs poussent à Villers-Saint-Paul et Nogent-sur-Oise, réduisant de presque 15 % les déchets ménagers selon l’Ademe.

Citoyens pour la transition écologique : portraits d’engagés

Le plus marquant, ce sont ces visages souvent discrets qui font progresser la transition écologique dans l’Oise. De Marie, apicultrice à Ribécourt-Dreslincourt et initiatrice d’ateliers pédagogiques, à l’association “Actisphère” à Beauvais qui accompagne les foyers dans la rénovation énergétique, en passant par les collectifs Zero Déchet Oise ou les Juniors du Conseil Communal.

  • Les “Défis Foyers à Énergie Positive” 2023 ont réuni 320 familles dans l’agglomération de Beauvais, économisant en moyenne 15 % d’énergie sur leur consommation annuelle (Agglo de Beauvais).
  • Des ateliers gratuits sur le compostage, la réparation, la mobilité douce se multiplient en zone urbaine comme rurale.
  • Chacune de ces initiatives, de la plantation d’arbres à la création de filières de réemploi, contribue à l’éveil écologique du territoire.

L’Oise, laboratoire vivant de la citoyenneté collective

Ce tour d’horizon n’épuise pas la créativité et l’énergie du département. Si l’Oise incarne parfois un visage tranquille du rural ou du périurbain, elle révèle aujourd’hui des habitants audacieux et collectifs, porteurs d’un dynamisme à l’échelle locale : vivre ensemble, inventer, prendre soin, innover dans sa rue, son village, sa ville. Les passerelles entre générations, entre milieux urbains et ruraux, entre tradition et modernité, s’y déploient chaque jour. C’est le visage d’une Oise tournée vers demain, animée par l’enthousiasme et l’implication de ses citoyens.

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