Quelles solutions sur le terrain ? Focus sur les actions menées dans l’Oise
Les maisons et centres de santé pluriprofessionnels : une réponse solide
Face au départ de nombreux praticiens, l’installation de maisons de santé fleurit depuis une dizaine d’années dans les villages et petites villes de l’Oise. On en comptait 28 en 2023 dans le département (ARS Hauts-de-France), contre seulement 7 en 2013. Leur particularité ? Réunir sous un même toit plusieurs professionnels (médecins, infirmiers, kinés, orthophonistes…) qui partagent leurs pratiques, leurs plannings, et un projet de santé commun.
- Aulnoyes, près de Clermont : les habitants racontent leur soulagement après l’ouverture d’une maison de santé en 2022. Fini, les 25 km à parcourir pour voir un généraliste !
- Sainte-Geneviève : la maison de santé a permis l’embauche d’une sage-femme, irrésistiblement attirée par la dynamique d’équipe et le confort de travail.
Ces structures rassurent les jeunes praticiens, qui redoutent l’isolement. Elles favorisent aussi la coordination des soins, indispensable pour les patients polypathologiques. Cerise sur le gâteau : certaines maisons misent sur l’innovation avec la télémédecine ou des ateliers prévention (nutrition, activité physique).
Malgré leur succès, ces projets se heurtent parfois à des difficultés de recrutement ou de financement. Mais la dynamique reste encourageante : 5 nouvelles structures pourraient voir le jour d’ici fin 2025, selon l’ARS.
Le boom de la télémédecine dans l’Oise
Aujourd’hui, un patient sur cinq dans les zones rurales de l’Oise a déjà eu recours à la téléconsultation selon la CPAM Oise (2023). Ce mode d’accès, dopé par la crise sanitaire, bouleverse les habitudes :
- La maison de santé de Guiscard a mis en place en 2022 une télécabine connectée : prise de tension, saturation en oxygène, télé-examen avec un médecin… Elle accueille chaque semaine une quinzaine de patients.
- Les pharmacies de villages comme Mareuil-sur-Ourcq proposent des créneaux de téléconsultation, accompagnant les patients âgés dans le maniement des outils numériques.
Cet accès digital ne remplace pas tout, mais il fluidifie l’accès à l’avis médical, notamment pour des renouvellements d’ordonnance ou des suivis chroniques. Il bénéficie particulièrement aux seniors isolés ou aux parents débordés qui redoutent de rater une journée de travail pour un simple avis médical.
Reste l’enjeu de la fracture numérique : environ 18% des foyers de l’Oise sont mal équipés (Insee, 2023), d’où l’importance de former et d’accompagner les publics fragiles.
Mobilité et “bus santé” : aller vers les habitants
Pour “soigner la campagne”, plusieurs initiatives rendent le soin mobile :
- Le Bus Santé Précarité de la Croix-Rouge Française sillonne régulièrement les routes de l’est de l’Oise. Son équipe propose consultations de prévention, dépistages et orientation vers des structures adaptées. Environ 1 500 habitants y ont eu accès en 2023.
- L’association Coeur de l’Oise Lab’O propose des consultations itinérantes de sage-femme et de psychologue sur 14 communes classées “déserts médicaux”.
Ces dispositifs “d’aller-vers” jouent un rôle vital. Ils incitent à consulter des populations qui renonçaient parfois totalement aux soins. Les témoignages récoltés lors de la tournée du Bus Santé à Noyon sont poignants : “J’aurais attendu trop longtemps… Grâce à ce bus, j’ai enfin été prise en charge pour ma tension.”