Plongée dans l’engagement des communes de l’Oise pour les activités périscolaires

Toute l’Oise, jour après jour

Qu’entend-on par activités périscolaires ?

Avant tout, il est utile de rappeler la distinction entre périscolaire et extrascolaire. Le périscolaire regroupe toutes les activités proposées aux enfants en dehors du temps de classe, mais sur les temps d’accueil (matin, midi, soir), souvent directement dans les écoles ou à proximité immédiate. Dans ce terme sont incluses :

L’extrascolaire, lui, concerne les vacances et mercredis, souvent gérés par les accueils de loisirs (centres aérés) qui sont parfois de la responsabilité de la commune, parfois de celle de communautés de communes ou d’associations locales.

Historique et évolutions dans l’Oise

Depuis 2013, la réforme des rythmes scolaires a impulsé une profonde transformation dans l’organisation des semaines des élèves de primaire. Un défi de taille pour les équipes municipales, surtout dans un département aussi étendu et pluriel que l’Oise, qui compte 693 communes selon l’INSEE (2021), allant de petites bourgades rurales à des villes centres comme Beauvais ou Compiègne.

Les collectivités ont dû repenser leur offre : recruter des animateurs, investir dans du matériel, créer ou adapter des locaux et, surtout, imaginer des contenus attractifs. Cette mobilisation s’est traduite par une forte hausse du budget communal consacré au périscolaire. D’après l’AMF (Association des Maires de l’Oise), les dépenses de fonctionnement pour le périscolaire ont progressé de près de 15% en cinq ans sur le département.

Comment les communes financent-elles les activités périscolaires ?

Le financement de ces activités repose sur plusieurs piliers :

La mutualisation des ressources est fréquente dans l’Oise, notamment dans le monde rural. Les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) ou les EPCI (communautés de communes, d’agglomération) organisent des services communs pour faciliter la logistique ou partager des animateurs spécialisés.

Une palette d’activités toujours plus large

Ces dernières années, l’offre périscolaire dans les communes de l’Oise s’est étoffée de manière remarquable. Au-delà de la traditionnelle aide aux devoirs et de l’éveil sportif, voici quelques exemples d’activités plébiscitées :

Des initiatives locales inspirantes dans l’Oise

Saint-Leu-d’Esserent : les TAP 100% nature

Cette commune située en vallée de l’Oise a fait du développement durable le fil rouge de ses TAP : création de nichoirs à oiseaux, compostage à l’école, jardinage, découverte de la faune locale… Les animateurs municipaux collaborent avec l’association locale Les Naturalistes de l’Oise et le Parc naturel régional (source : site mairie de Saint-Leu-d'Esserent).

Creil : culture et citoyenneté à l’honneur

Ici, près de 3 500 enfants bénéficient chaque semaine d’ateliers tenus en lien avec la scène artistique locale (Maison Creilloise des Associations, centre social Georges Brassens…). Théâtre, rap, journalisme, ateliers débats… Objectif, éveiller l’esprit critique et impliquer les jeunes citoyens (source : Ville de Creil, 2023).

Dans les villages ruraux : le périscolaire itinérant

À La Houssoye ou Villers-Saint-Frambourg-Ognon, faute de moyens pour salarier des animateurs spécialisés, la communauté de communes embauche un animateur référent qui fait la tournée des écoles chaque semaine. Le bus des petits curieux, projet itinérant, propose sciences ludiques, expérimentation et petits défis collectifs (source : Communauté de communes Thelloise).

Quels sont les enjeux majeurs rencontrés par les communes ?

Si la dynamique est réelle, plusieurs défis subsistent :

  1. Le recrutement d’animateurs qualifiés : le manque de personnel formé, accentué par la crise du secteur de l’animation, pèse sur la qualité et la diversité des offres. Selon l’URIOPSS Hauts-de-France, le taux de vacance de postes saisonniers dans l’animation dépasse 10% dans l’Oise en 2022.
  2. La gestion des effectifs fluctuants : certains TAP sont pris d’assaut, d’autres peinent à afficher complet, forçant à revisiter régulièrement l’offre proposée.
  3. Le financement pérenne : même avec l’aide de la CAF, rester sous la barre des 3€ de participation par famille demande une optimisation continue du budget.
  4. L’inclusion de tous les enfants : assurer la participation des enfants en situation de handicap ou issus de milieux éloignés, avec l’accompagnement d’AESH ou du dispositif « Mon Cartable connecté ».

Participation, satisfaction : ce qu’en disent les familles de l’Oise

Interrogées par le Conseil départemental de l’Oise en 2023, plus de 80% des familles se disent satisfaites de la qualité des activités proposées et de la bienveillance des équipes d’animation. Parmi les points forts, sont cités :

Pour les enfants, c’est bien souvent l’occasion de tisser d’autres relations avec leurs camarades et adultes référents, d’acquérir de nouvelles compétences tout en renforçant leur estime de soi, loin de la pression scolaire.

La coopération au cœur du modèle Oisien

Le tissu associatif et les collectivités travaillent main dans la main. Le schéma qui s’est dessiné dans l’Oise, c’est celui du « sur-mesure local » : chaque commune, selon ses forces, développe des partenariats :

Les projets éducatifs territoriaux (PEdT), dispositif très poussé dans l’Oise (source : SDJES 2023), fédèrent école, commune, associations et parfois entreprises (TPE locales pour des ateliers découverte métiers).

Des innovations qui préparent le futur

L’Oise fait émerger aussi des expériences originales :

Quel avenir pour les activités périscolaires dans l’Oise ?

En s’appuyant sur une multitude de partages et d’expérimentations, les communes de l’Oise consolident un modèle original, adaptable et proche des réalités de chaque territoire. Les leviers d’amélioration se dessinent : renforcer la formation d’animateurs, étoffer le numérique responsable, et favoriser l’inclusion en améliorant l’accessibilité pour tous les publics.

La dynamique est d’ores et déjà porteuse d’effets : selon la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale, le taux de fréquentation atteint plus de 81% dans les écoles rurales et 72% en zone urbaine.

Grâce à cet investissement, l’Oise offre aujourd’hui à ses jeunes citoyens non seulement des temps de respiration après la classe, mais aussi des espaces pour grandir, découvrir, échanger et s’ouvrir au monde. Une richesse locale à préserver, à soutenir… et à continuer d’innover ensemble, pour que chaque enfant de l’Oise trouve sa place et s’épanouisse, jour après jour.

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